Décider de faire une médiation, c’est aussi choisir la personne à qui vous allez confier un moment souvent difficile. Ce choix mérite autant d’attention que le choix d’un avocat ou d’un médecin.
Tous les professionnels qui exercent la médiation familiale n’ont pas nécessairement le même parcours ni la même formation. Pourtant, accompagner des séparations parentales demande une formation spécifique, un cadre déontologique strict et une posture spécifique.
Avant de s’engager dans une médiation, il peut donc être utile de vérifier certains éléments et en priorité la formation du professionnel.
Carine Mallat, médiatrice familiale diplômée d’État, nous guide sur cette démarche.
La formation du médiateur familial
Le Diplôme d’État de Médiateur Familial (DEMF) est aujourd’hui la formation de référence en France. Au-delà des connaissances juridiques et psychologiques, cette formation vise surtout à apprendre une posture : écouter sans juger, accueillir les conflits sans prendre parti et permettre aux personnes de reconstruire un dialogue.
« Le symbole du médiateur, c’est le pont : faire le pont entre deux rives qui s’affrontent et qui ne se parlent plus. »
Si vous passez par une association conventionnée CAF, vous avez une garantie automatique : ces structures n’emploient que des médiateurs titulaires du DEMF.
Si vous choisissez un médiateur libéral, c’est à vous de vérifier ses qualifications. Les listes des cours d’appel n’imposent pas systématiquement le DEMF : vérifiez toujours la formation du professionnel.
Les principes déontologiques à connaître
La médiation familiale repose sur plusieurs principes déontologiques essentiels, quel que soit le mode d’exercice du professionnel :
Impartialité : il est autant présent pour l’un que pour l’autre, ne prend pas parti, ne juge pas les choix de vie ou les histoires passées.
Indépendance : il n’est lié à aucune des deux parties, ni à aucun résultat prédéfini. En médiation ordonnée, il rend compte au juge de l’avancement du processus, jamais de son contenu.
Confidentialité : tout ce qui est dit en séance reste dans ce cadre. Cette confidentialité est essentielle pour permettre une parole libre et sécurisée.
Liberté d’engagement : les deux parties peuvent arrêter le processus à tout moment, sans justification.
Autonomie : les décisions appartiennent aux personnes. Le médiateur crée les conditions pour qu’elles soient possibles, il ne les oriente pas.
Choisir entre association et libéral
* En libéral, le titre de médiateur n’est pas réservé aux titulaires du Diplôme d’État de Médiateur Familial (DEMF). Vérifiez toujours la formation et l’expérience du professionnel avant de vous engager.
Au-delà du cadre, les pratiques varient largement entre médiateurs familiaux exerçant en libéral : styles de médiation, format des entretiens, adaptation à la situation et aux individus. Le premier contact téléphonique permet souvent de vérifier que l’approche du professionnel correspond à ce que vous recherchez.
Où trouver un médiateur familial
Plusieurs solutions existent aujourd’hui pour trouver un médiateur familial ou un service de médiation adapté à sa situation, son budget ou sa région.
→ Via les services conventionnés CAF
Le site de la CAF propose un annuaire des services de médiation familiale conventionnés par département. Ces structures appliquent le barème national CAF calculé selon les revenus.
→ Via les annuaires généralistes
Des plateformes comme les PagesJaunes permettent également de rechercher des médiateurs familiaux proches de chez soi. Il reste cependant important de vérifier la formation et l’expérience du professionnel.
→ Via les associations représentantes de la profession
Certaines associations publient leurs propres annuaires, comme l’association MFDElib, qui regroupe des médiateurs familiaux diplômés d’État exerçant en libéral.
→ Via les listes des cours d’appel
Le ministère de la Justice met à disposition des listes de médiateurs inscrits auprès des cours d’appel. Ces professionnels peuvent intervenir dans le cadre de médiations judiciaires.
Cette liste ne restreint pas l’inscription aux seuls titulaires du diplôme d’État.
Échanger avec d’autres parents sur le sujet
Choisir un médiateur familial amène souvent de nombreuses interrogations.
Sur helloparents, des parents séparés échangent librement sur leurs situations, leurs doutes et leurs retours d’expérience. Un moyen de mieux comprendre ce qui vous attend, de prendre du recul et de ne pas rester seul·e face à vos questions.
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Articles complémentaires
- Médiation familiale en cas de séparation : qu’est-ce que c’est ? → Lire l’article
- Comment se déroule une médiation familiale ? Étapes, séances et accords → Lire l’article
- Combien coûte une médiation familiale ? Tarifs CAF, médiateur libéral et aides possibles → Lire l’article
FAQ
Un médiateur familial doit-il obligatoirement avoir le diplôme d’État ?
Oui en association conventionnée CAF. En exercice libéral, ce n’est pas une obligation légale. Le DEMF reste toutefois la formation de référence pour accompagner les séparations familiales. Avant de vous engager, vérifiez toujours la formation et l’expérience du professionnel.
Faut-il choisir un médiateur familial en association ou en libéral ?
Les deux approches reposent sur les mêmes principes de médiation. Les associations conventionnées appliquent un barème national et un cadre plus standardisé. Les médiateurs libéraux proposent souvent davantage de souplesse dans l’organisation et la durée des séances. Le choix dépend surtout de votre situation, de votre budget et de vos attentes.
Peut-on faire une médiation familiale en visio ?
Oui. De nombreux médiateurs proposent aujourd’hui des séances en visioconférence. Cette solution peut être particulièrement utile lorsque les parents vivent dans des villes différentes ou rencontrent des difficultés pour se déplacer.
Comment savoir si un médiateur est vraiment neutre ?
Le médiateur doit expliquer clairement son rôle dès les premiers échanges : il n’est ni juge, ni arbitre, ni conseiller. Son engagement à l’impartialité, à la confidentialité et à l’autonomie des participants fait partie des principes fondamentaux de la médiation familiale.
Peut-on changer de médiateur familial si le courant ne passe pas ?
Oui. La médiation repose sur la confiance. Si l’un des participants ne se sent pas à l’aise avec le professionnel choisi, il est possible d’interrompre la démarche et de se tourner vers un autre médiateur.
